Les Templiers n’√©taient pas le seul ordre militaire pendant les Croisades. Il en existait plusieurs, dont les Chevaliers Hospitaliers, qui ont en fait pr√©c√©d√© les Templiers. Ils g√©raient des h√īpitaux, d’o√Ļ leur nom, avant de devenir un corps de croisade arm√©.

Une ombre plane sur les Hospitaliers. Car lorsque les Templiers ont √©t√© √©cras√©s, les Hospitaliers en ont profit√© en gagnant une grande partie de leurs terres et de leurs richesses. Ce n’est pas vraiment tr√®s sportif de la part de ces chevaliers !

Origine des Hospitaliers

Les Hospitaliers ont commenc√© √† g√©rer un h√īpital √† J√©rusalem avec le soutien de marchands italiens AVANT que la ville ne soit prise aux Sarrasins en 1099. Ils g√©raient √©galement des h√īpitaux sur les routes pour les p√®lerins de la France et de l’Italie actuelles. En 1113, ils ont √©t√© officiellement reconnus par le pape comme les Chevaliers Hospitaliers.

Une fois Jérusalem aux mains des croisés, les Hospitaliers semblent avoir réagi en intensifiant leur activité et en subissant une sorte de transformation.

Peut-√™tre en r√©ponse √† la formation des Templiers vers 1118, les Hospitaliers se sont rapidement militaris√©s. Ils sont pass√©s de la gestion d’une op√©ration m√©dicale √† la prise d’armes et au combat aux c√īt√©s des crois√©s. L’ordre subit √©galement une influence plus fran√ßaise qu’italienne.

Pourquoi devenir un chevalier hospitalier ?

Une question qui m’intrigue est de savoir pourquoi un jeune guerrier chr√©tien choisirait les Hospitaliers plut√īt que les Templiers ? Il semble qu’il y ait eu des variations r√©gionales entre les deux ordres.

Les Hospitaliers de Saint-Jean, par exemple, recrutaient de nombreux jeunes hommes en Bohème et en Hongrie. Cependant, il semble que la direction des Hospitaliers soit restée majoritairement française et italienne, tandis que les Hongrois, les Croates et les Allemands formaient les niveaux inférieurs en tant que frères ordinaires.

Il est sugg√©r√© que l’ordre religieux des Templiers √©taient moins populaires en Europe germanophone parce qu’ils √©taient consid√©r√©s comme trop fran√ßais et trop proches du pape. √Ä cette √©poque, le Saint-Empire romain germanique, qui r√©gnait sur la majeure partie de l’Europe allemande, √©tait en conflit avec Rome.

Mais cela n’a pas permis a l’ordre des Hospitaliers d’avoir la cote aupr√®s des Allemands, dont beaucoup ont pr√©f√©r√© rejoindre leur propre ordre local, les Chevaliers de l’ordre Teutonique. Cet ordre √©tait engag√© dans des croisades contre les pa√Įens et les chr√©tiens orthodoxes, respectivement dans les pays baltes et en Russie.

Règle monastique similaire pour les Templiers et les Hospitaliers

Les Hospitaliers et les Templiers √©taient tous deux r√©gis par des r√®gles de style monastique, avec une insistance sur la chastet√© et l’ob√©issance. La seule diff√©rence – √† mon avis – est que la mission militaire des Templiers a √©t√© √©tablie pratiquement d√®s le d√©but, tandis que les Hospitaliers ont d√Ľ passer de la m√©decine au combat. Sous la direction d’un Grand Ma√ģtre appel√© Raymond du Puy, ils ont op√©r√© cette transformation.

Les deux ordres avaient des ch√Ęteaux √† d√©fendre en Terre Sainte et combattaient avec une discipline similaire. Mais il semble qu’il y ait eu une rivalit√© entre eux. Celle-ci s’est aiguis√©e au fur et √† mesure de la d√©faite des crois√©s.

Les combats lors des croisades

Tout comme les Templiers, les Hospitaliers ont combattu aux c√īt√©s de chevaliers s√©culiers lors des croisades. Au combat, les Templiers √©taient reconnaissables √† leurs manteaux blancs distincts orn√©s de croix rouges. L’ordre des chevaliers Hospitaliers portaient des manteaux noirs avec des croix blanches √† huit pointes. Ils g√©raient environ 25 ch√Ęteaux, dont le vaste Krak des Chevaliers, qui se dresse encore aujourd’hui en Syrie.

Alors que les croisades se dirigeaient vers la d√©faite, les Templiers et les Hospitaliers ont perdu leurs ch√Ęteaux et leur prestige. Les deux ordres ont √©t√© contraints de quitter le continent pour se r√©fugier √† Chypre, o√Ļ, selon tous les t√©moignages, ils se sont rapidement brouill√©s.

Chevalier de l'ordre hospitalier de saint jean templier noir et  croixblanc

J’ai lu une th√©orie selon laquelle les Hospitaliers √©taient constern√©s par la soif de richesse des Templiers, mais j’ai du mal √† y croire : les Hospitaliers √©taient plut√īt bien lotis et toujours ouverts aux donations. Peut-√™tre que les Templiers disposaient d’un r√©seau plus efficace et lucratif √† travers l’Europe, mais je ne crois pas √† la notion de choc et d’horreur des Hospitaliers face √† la v√©nalit√© des Templiers.

Les Hospitaliers se sont install√©s √† Rhodes au d√©but du XIVe si√®cle, puis √† l’√ģle de Malte, o√Ļ ils ont repouss√© les tentatives de conqu√™te de l’Empire ottoman sous le nom des chevaliers de l’ordre de Malte. Au cours de la m√™me p√©riode, les Templiers ont √©t√© d√©truits par les souverains de l’Europe chr√©tienne et ont √©t√© enti√®rement an√©antis. On peut donc se demander pourquoi les Hospitaliers ont surv√©cu et pas les Templiers.

Tirer profit de la fin des Templiers

Les Templiers ont √©t√© √©cras√©s par la papaut√© et le roi de France en 1307. Leurs biens et possessions ont √©t√© transf√©r√©s dans de nombreux cas aux Hospitaliers. Ces chevaliers ont continu√© √† prosp√©rer en M√©diterran√©e en √©tablissant une base solide √† Rhodes, puis √† Malte, jusqu’√† ce que les Turcs prennent l’√ģle au XVIe si√®cle.

Gr√Ęce √† leur pr√©sence en tant que soldats chr√©tiens pour repousser les ennemis turcs, les Hospitaliers sont devenus des alli√©s proches des Byzantins assi√©g√©s √† Constantinople. Ils sont √©galement devenus tr√®s riches et ind√©pendants de tout contr√īle monarchique. Et in√©vitablement, ils s’attirent le genre de critiques et de haines qui √©taient auparavant r√©serv√©es aux Templiers.

Alors que les Templiers ont fini en fanfare, les Hospitaliers se sont √©teints en pleurant. Ils ont continu√© √† mener des croisades en M√©diterran√©e et dans la p√©ninsule ib√©rique pendant deux cents ans apr√®s la disparition des Templiers. Mais alors que la chevalerie n’√©tait plus √† la mode, l’ordre s’est transform√© en une fondation caritative.

En fait, il est revenu √† son point de d√©part : faire de bonnes actions et s’occuper des malades.